Retour sur la soirée *di*/zaïn 12 «Enchantements»

Actu12 février 2014

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Hier soir, nous nous sommes retrouvés pour la douzième édition de *di*/zaïn consacrée cette fois-ci aux enchantements et à l’ensemble des formes que celle-ci pouvait prendre. Nous avons voulu savoir les liens existant entre le design et le développement de soi. Geoffrey Dorne et Nicolas Loubet étaient parmi nous pour réfléchir autour de ce thème. L’enchantement a ainsi pris, hier soir, de nombreuses formes variés (architectures, tours de magie interactifs, édition numérique, discours, réflexion sur les conditions de vie…) et il a surtout s’agit de faire rentrer de l’humain dans les productions de design habituelles. Le leitmotiv de la soirée aura bien été le bonheur, expliquant sûrement pourquoi nous étions tous très heureux d’être réunis.

Lorsque les personnages s’animent

Notre première intervenante était Geneviève Gauckler, venue nous présenter son travail de création. Le noyau dur de celui-ci réside dans la création de personnages, car c’est ce qui « l’éclate le plus. » Elle projette aux personnages inanimés des sentiments humains, des sensations et bien qu’elle avoue être incapable de faire le moindre dessin sur un papier, sur illustrator et sur photoshop, elle est « une maniaque. » C’est le lien entre les personnages qui l’anime le plus souvent, et la réflexion autour des idées près-conçues comme les cartes postales surannées de Paris autour desquelles elle a travaillé en collaboration avec le magasin Colette. La soirée s’est ensuite poursuivie avec Guila Clara Kessous, artiste œuvrant pour le rayonnement de la culture française à l’étranger. Elle a par ailleurs, reçu en 2012 le prix de l’artiste pour la paix par l’UNESCO. Elle estime qu’il est important d’avoir de la gratitude, et que l’état intrinsèquement provisoire du bonheur impose qu’il faille réussir à saisir ces moments hors-temps. Elle a coproduit et mis en scène plus d’une vingtaine de spectacles accordant une attention toute particulière aux costumes et à l’aspect visuel et scénographique du théâtre. Sa thèse sous la tutelle d’Elie Wiesel s’interrogeait sur l’éthique et l’esthétique, et c’est ce mélange entre les deux qui constitue aujourd’hui son combat.

De l’art du confinement et de l’utilité du design

Charlotte Poupon était notre troisième intervenante. Designer industriel, diplômée de l’ENSCI, elle mène un travail de recherche sur les environnements isolés et confinés. Designer de l’extrême, elle a travaillé dans des sous-marins et dans des conditions d’apesanteur recrées. Des lits à la douche en passant par la prise du repas, tous les aspects du quotidien des personnes embarquées dans ce type d’expédition sont pensés en amont et Charlotte Poupon est venue apporter son expertise dans le domaine. Elle nous confie, complice, comment lors d’une expédition de 15 jours, l’équipage n’avait pas eu la possibilité de se laver et comment ce confinement nous fait prendre conscience de la place de l’hygiène prépondérante dans notre société. Elle souligne, néanmoins que cet hygiénisme absolu remet en question notre rapport à soi et à notre propre corps et en quoi celui-ci devient défaillait bien plus rapidement que l’odeur.

« L’enchantement est aussi nécessaire pour s’éloigner des foules que pour amener les gens à se retrouver ensemble »

Cette citation que l’on doit à Guy Kawasaki nous a été rappelée au souvenir par Geoffrey Dorne, lors de sa présentation sur les tendances. Comme toujours, il est venu nous questionner sur le thème de la soirée et hier soir sur la possibilité même de l’enchantement au travers du numérique, tant celui-ci peut parfois être dur et technique. De nombreux exemples sont venus ponctuer son argumentation, mais retenons celui de Marco Tempest, Techno-illusionist. Il utilise les dernières technologies pour « faire briller les yeux des gens ». Son travail repose sur des liens qui peuvent se créer entre technologie, numérique et magie. La place accordée à l’illusion et au bonheur est, en effet, prépondérante dans son travail. Enfin, la conclusion de Geoffrey fut alors la suivante : Et si l’enchantement c’était pas l’absence d’artifices ? On est enchanté par les choses les plus simples, les plus évidentes.

Retrouvez ses 18 slides sur Slideshare :

Scénographie et magie augmentée

Nous avons ensuite reçu Gaëtan Kohler & Alexandre Pachiaudi, architectes travaillant ensemble depuis 2005. Basé entre Singapour et la France, ils ont notamment été lauréats en 2007 pour l’extension du pavillon des artistes du Palais de Tokyo. Ils nous ont présenté une partie importante de leurs travaux, mêlant illusion et architecture. Leur vision de l’enchantement réside dans sa dichotomie, il est en effet à la fois merveilleux et effrayant et c’est cela, qui selon eux nous attire à lui. Enfin, nos deux derniers intervenants étaient Moulla & Gamgie. Leur travail réside dans la magie augmentée. Ils organisent, en effet, des spectacles très visuels dans lesquels des capteurs captent la magie pour l’augmenter. Chaque spectacle est différent et unique puisqu’ils s’adaptent aux velléités du public.

Pour revivre la soirée comme si vous y étiez,  vous pouvez retrouvez le storify concocté par Sybille, étudiante à la Web School Factory et la carte bluenod réalisée par Nicolas Loubet ci-dessous.

Retrouvez également les photos de Rémy Deluze et du public sur SharyPic.

La prochaine soirée *di*/zaïn aura lieu le 11 mars, sur le thème ds « Makers ».

Pour présenter votre projet, contactez Benoît bd@designersinteractifs.org ou Marina mw@designersinteractifs.org.