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"L'association m'a apporté des contacts professionnels et des rencontres. Une certaine diffusion des enjeux sonores auprès des agences et des clients, et une visibilité de mon travail."
Quel est votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a amené à faire du design ?
J’ai étudié les Arts Plastiques à la faculté de Paris 8 Saint Denis jusqu’en maîtrise.
J’ai pratiqué les percussions africaines, le piano et actuellement la musique indonésienne. Des collèges de théorie musicale, des formations à l’IRCAM et avec le DESS « Jeux vidéo et médias interactifs » d’Angoulême complètent ma formation en art.
Je joue divers instruments et bruiteurs -d’ici et d’ailleurs- et fais de l’informatique musicale depuis 1997.
Je travaille sur des projets aux enjeux et espaces divers (art contemporain, mode, audiovisuel, numérique, architecture, théâtre, événementiel⬦)
Je réalise de la musique autant que des univers sonores (jingles, identité sonore, illustration musicale de boutiques⬦), du son scénarisé ou mis en scène (musique générative, dispositifs, jeu de scène⬦), du dialogue avec l’image (animation flash / vidéo, motion design⬦) des créations (mais aussi arrangements et illustration sonore) allant de l’acoustique (prise de son) à l’électronique.
Des collaborations avec des directeurs artistiques, chefs de projet, graphistes, programmeurs, ingénieurs son, metteurs en scène, architectes, scénographes lumière, plasticiens, scénaristes, réalisateurs⬦ (Issey Miyake, Arte, Renault, France 2, Sixième Son, Incandescence, Valère Novarina, G.Architecture, Fondation Cartier⬦)
Le design sonore (en l’occurrence) -qui est un peu à la musique ce que les arts appliqués sont aux arts plastiques- s’est révélé être une bonne extension de mes études d’art et de musique : un dialogue avec l’image dans des contextes tant virtuels que réels, des situations artistiques, culturels, environnementales, sociales⬦
Pensez-vous qu’actuellement les bénéfices du design interactif sont bien compris par les clients ?
Pourquoi ?
La prise en compte de l’utilisateur fait partie des considérations importantes des clients et des designers mais l’image que l’on se fait de celui-ci n’est pas forcément la même. Il arrive malheureusement souvent aux décisionnaires d’adopter des positions frileuses cherchant à contenter tout le monde -ce qui en général fini par ne contenter personne- se réfugiant dans la simple complaisance et la mollesse consensuelle du moment.
C’est là que les designers se doivent de convaincre de la valeur de leurs propositions artistiques, esthétiques, des potentialités offertes en vue de renouveler l’approche et le face à face avec l’utilisateur.
C’est certainement ce qui différencie les productions d’artistes « libres » (liberté toujours à mettre à jour, à démontrer et dans l’idéal) des designers aux multiples contraintes de commandes (commandes qui peuvent parfois être intelligemment déconstruites).
Avant même d’accompagner le client à comprendre les différents corps de métiers possibles liés au numérique, il faudrait d’abord que les agences apprennent à exploiter tous les atouts offerts. Beaucoup d’entre elles ne savent pas deviser de l’identité sonore par exemple et sa prise en compte arrive souvent très tard dans l’avancement du projet ce qui est moins le cas dans le spectacle vivant et le cinéma par exemple (il est à noté aussi que la combinaison de différents savoir-faire autour d’une même interface peut considérablement élever le coût de la production). De nombreux projets peuvent, et parfois doivent, pour la pertinence du contenu se passer de son, cependant, le soutien, l’approfondissement et la distance qu’apporte le sonore au domaine visuel peut être décisif pour l’identité d’une marque, personnalité⬦
Le défaut de compréhension des bénéfices du design interactif me semble donc partagé mais n’a de teneur que dans ces cas particuliers.
Comment percevez-vous l’évolution de la profession et de votre métier ?
Le haut débit marque l’ère du plurimédia et le son en fait évidemment partie.
Internet tend à devenir aujourd’hui le média dominant, intégrant les autres médias (télévision, radio⬦).
Le son tient donc une place évidente mais les outils ne sont pas uniquement les mêmes que pour l’audio-visuel, il convient donc de penser et construire les données et interfaces en conséquence et d’appréhender celles-ci à l’aide de la programmation notamment.
Des enjeux très intéressants vont émerger des interfaces web de poche (les actuels et récents portables pour naviguer où que l’on soit et qui sont encore trop peu « démocratisés » même si l’on y vient inévitablement). Une base de données sonores (éducative, pédagogique, poétique⬦) pour des visites de monuments, jardins⬦ géo-localisées serait par exemple idéale car laisserait place aux visuels de la promenade, de la déambulation tout en utilisant les potentialités offertes par le web (banque de données audio et interface de navigation qu’il faudrait bien sûr concevoir au préalable⬦).
Pour Internet en général, les acteurs doivent pouvoir continuer à chercher des modes de relations renouvelées entre les différents médias, susciter toujours l’étonnement, la curiosité et le débat hors de la simple fascination technologique et de la grandiloquence des moyens.
Pour les autres métiers familiers du design d’interaction, j’espère que d’autres disciplines vont apparaître ou se confirmer, c’est en tout cas dans sa diversification et son ouverture hors des spécificités classiques d’Internet que l’enjeu me semble intéressant. Certaines spécialités restent encore trop marginales ou occupées par d’autres postes (il n’est pas rare qu’un graphiste s’improvise bruiteur ou musicien⬦pour parler de mon domaine de prédilection). L’amateurisme réserve parfois de bonnes surprises mais faire l’économie de certains corps de métier peut aussi s’avérer catastrophique.
Que vous a apporté l’association depuis que vous en êtes membre ?
L’association m’a apporté des contacts professionnels et des rencontres. Un partage de l’expérience et du savoir à travers des événements organisés par l’association. Une certaine diffusion des enjeux sonores auprès des agences et des clients, et une visibilité de mon travail.
Quel est le projet qui vous tient le plus à coeur / dont vous êtes le plus fier ? Pourquoi ?
Concernant le numérique il s’agit des créations sonores pour les sites d’Issey Miyake réalisées pendant 5 ans (20 collections) avec Etienne Mineur du studio Incandescence et Roy Genty, directeur artistique de Miyake.
J’avais plutôt carte blanche et les visuels animés d’Etienne stimulaient amplement mes recherches sonores. Pour certains sites, des programmeurs son étaient même de la partie !
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